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Marc Laberge,
un aventurier qui
raconte les gens,
la nature, la vie



André Desroches
L'informateur de
Rivière-des-Prairies

25 avril 1995
volume XVII
numéro 18

Marc Laberge, aventurier
Grosses lunettes, crâne passablement dégarni, petite barbe bien taillée, Marc Laberge aurait plutôt une tête de comptable. On a du mal à l'imaginer déambulant seul, caméra au cou, dans les paysages lunaires d'une vallée glaciaire. Et pourtant, on peut lire sur sa carte d'affaires qu'il est photographe, aventurier et conteur. Un titre pour le moins « exotique » propre à dérouter plus d'un directeur de banque, admet-il à la blague. Jeudi dernier, le globe-trotter a montré de quel bois il se chauffait. Pendant plus de deux heures, il s'est employé à faire connaître au public de la maison de la culture un visage de la Turquie telle qu'elle s'offre au voyageur téméraire délaissant les grands circuits touristiques. Demain soir, à 19 h 30, il propose aux âmes d'explorateurs de partir à la découverte des déserts et canyons démesurés de l'Arizona. Enfin, le 4 mai, pour compléter sa série de trois photo-conférences d'aventures, Marc Laberge amènera les amateurs de grandes étendues sauvages en plein coeur du Labrador et de la Côte-Nord.

Un goût inné pour l'aventure
Le goût de l'aventure, Marc Laberge est né avec. Encore enfant, ce natif de Québec sautait sur son vélo et allait bien au-delà des limites de son quartier pour découvrir d'autres coins de pays.  J'avais le désir de connaître du nouveau, de goûter la différence », raconte celui qui vient tout juste de publier le livre Le Glacier, un recueil de récits d'aventures. En 1969, à l'âge de 17 ans, c'est le premier grand voyage. « Sur le pouce », il se rend jusqu'en Colombie-Britannique. Peu de temps après, à 18 ans, il quitte pendant trois mois à destination de l'Europe. Seul, Marc Laberge visite la France, la Suisse, l'Espagne. Il enregistre ce qu'il voit sur pellicule. Depuis ces premières pérégrinations, l'aventurier n'a cessé de se déplacer et ne compte plus les pays où il a mis le pied. Pour Marc Laberge, voyager est vraiment une aventure. Les préparatifs précédant chacun des départs sont réduits au strict minimum. À peine s'assure-t-il qu'il aura un endroit où dormir les premiers jours. « J'aime l'improvisation. Je me laisse porter par le vent », explique-t-il. S'il dévore les ouvrages traitant d'histoire, de géographie, d'anthropologie, Marc Laberge avoue qu'avant son départ, il lit très peu sur le pays qu'il s'apprête à visiter. « Je ne fais rien comme tout le monde. Je ne lis pas avant. C'est après, au retour, que je me documente. J'essaie d'arriver vierge, sans préjugé. » L'explorateur ne se trace pas d'itinéraire précis. Il pose son sac à dos où il se sent bien. « L'important est d'être là et de vivre l'instant présent », confie le voyageur qui affectionne particulièrement les déserts et le Grand Nord. Marc Laberge compte à son actif une quinzaine de photo-conférences dont la dernière en lice porte sur la Côte-d'Ivoire et l'Afrique des légendes.

Communiquer avant tout
Marc Laberge aime fouler du pied des contrées peu fréquentées. Il adore photographier des endroits que l'on n'a pas souvent visités. Mais par-dessus tout, ce qu'il préfère, c'est échanger avec les gens que le destin place sur sa route au fil de ses voyages, même si cela n'est pas toujours facile. Lors de son séjour en Turquie, par exemple, lui et un vieil homme qu'il a rencontré avaient beau parler six langues à eux deux, ils n'en possédaient aucune en commun!
À ce chapitre, son récent voyage en Indonésie a été éprouvant. « J'ai souffert parce que je ne pouvais pas établir de lien verbal avec les gens, se remémore Marc. Mais heureusement, on finit toujours par se comprendre avec le langage non-verbal. »

Côtoyer sa mort
Si son métier l'a amené au cours du dernier quart de siècle à frôler la mort à plusieurs occasions (il a notamment été attaqué par un ours en Alaska), jamais Marc Laberge ne l'a-t-il vue de si près qu'en 1986, lors de la descente en canot de la rivière Natashquan. Marc Laberge a le sentiment que les dieux en avaient personnellement contre les quatre membres de l'expédition, tout au long de cette descente de 425 kilomètres qui a duré quinze jours et ce, sans que les hommes disposent d'aucun moyen de communication avec l'extérieur. « C'était rapides après rapides », se souvient-il. Perte d'un canot, collisions multiples avec des obstacles, arbres déracinés qui viennent s'écraser à deux cheveux des campeurs, Marc Laberge estime que de s'en être sorti indemne tient du miracle. Il racontera cette descente en détail le 4 mai.