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Parce que la vie
est aussi tragique

Jacynthe Nadeau
La Tribune
24 juin 1994

Le conteur de métier Marc Laberge signe un premier recueil
Il est photographe, aventurier, conteur et, depuis peu, auteur. Homme à mille chapeaux, un peu beaucoup bohème, mais toujours animé de cette même gourmandise de la vie qu'il cherche à partager. 

« Être aventurier, dit Marc Laberge, ce n'est pas juste aller passer quelques semaines dans le Grand Nord. C'est plutôt une attitude dans la vie : l'instant présent est une aventure... Quand une idée passe dans l'air, je ne la ramène pas à moi. Je pars après. » 

Il cause, Marc Laberge. En fin conteur et globe-trotter il cause, crée des atmosphères, transporte au pays des idées, dit volontairement sa vie, sûr de l'attrait qu'elle peut exercer sur son public.

Conteur bien avant d'en porter le titre
« Voyageur, j'ai toujours pris plaisir à raconter ce qui se passait, avoue-t-il, même s'il ne s'était rien passé. Quand je suis seul, je me ramasse en moi-même, un long soliloque passe, je raconte dans ma tête. »

C'est en 1991 qu'il noue, professionnellement parlant, avec le conte. Mais bien avant, de ses expéditions photographiques, il narrait déjà les gens, le quotidien, la vie, la nature...

Diffuseur d'une tradition perdue
En 1991, donc, il apprend l'existence du Festival du conte en Isère, à Grenoble. Une idée passe, il s'y accroche à deux mains. Dépouille le programme des deux dernières années, invente une histoire de canards qui déplacent un lac gelé – sa Chasse-galerie – et remporte le 1er prix.

En 1992, il y fait ses classes.

Sollicité en Europe, il pratique un art qu'on a oublié au Québec.

« Tout le monde est passé devant la télévision, dit-il, et vivent cette espèce d'internationalisation et d'uniformisation de ce qu'on consomme. En coupant avec le conte, on a coupé avec nos racines, et ça, c'est dommage. »

D'écoles en conférences, de public profane en public connaisseur – il a fondé le Festival interculturel du conte de Montréal en 1993 – Marc Laberge rattrape le temps perdu. Pas moins de 150 contes habitent son monde imaginaire, des contes qu'il transforme et réinvente selon l'humeur du moment. Ici, on le connaît comme participant à la première édition de Les jours sont contés en Estrie, notamment au P'tit bonheur de Saint-Camille.

Un premier ouvrage
Dans Destins, recueil de contes publié à l'intention des adolescents chez Québec/Amérique, il a réalisé l'exercice peu banal d'écrire un art oral.

« J'ai hésité longtemps avant d'écrire. Le conte ça existe dans la tête et au niveau de l'oralité. Un conte, ça vit de l'éphémère de la pensée. C'est comme un rayon de soleil, un arc-en-ciel, un nuage de vent... »

Mais bon, son public réclamait.

« Ça a été une galère! », ne peut-il s'empêcher de s'exclamer. Mais pas suffisamment, semble-t-il, pour mettre au rancart un embryon de carrière d'écrivain. « Mon prochain livre en sera un d'aventures et de grands rêves. »

Dans Destins, en sept contes très courts, Marc Laberge intègre la réalité du Québec d'hier pour raconter des personnages au destin tragique.

« Parce que la vie est tragique, dit-il. Je m'adresse aux jeunes, je n'ai pas envie de leur dire que la vie est belle. Ce qui les intéresse, c'est ce que moi, à 43 ans, j'ai envie de leur raconter. J'ai choisi de leur parler de la mort et de faire parler ceux qui restent. »

« Je veux leur dire d'arrêter de se faire porter par la vie », continue-t-il. « Je veux leur dire de partir après soi, peu importe ce qu'il y a au bout. »